Coincé
Coincé
Texte de JonCha
L'HISTOIRE
Dans Coincé, les spectateur·ices suivent l’enfermement d’Étouf, un homme qui vit depuis dix-neuf ans dans son bureau, soumis à une injonction permanente à faire, sans jamais savoir quoi ni pour qui. La peur de ralentir une chaîne invisible, de ne pas être assez performant, organise son existence entière.
L’arrivée de Tassé, nouvel employé en quête de travail et d’identité sociale, révèle la violence d’un système fondé sur la mise en concurrence, la surveillance et l’interchangeabilité des individus. Le bureau devient l’espace clos d’un capitalisme absurde où la performance prime sur l’humain.
Coincé met en lumière comment ces mécanismes d’aliénation sont intégrés et reproduits par celles et ceux qu’ils dominent, jusqu’à rendre toute échappée impossible.

DÉSHUMANISATION DU MONDE DU TRAVAIL
La pièce se construit comme une tragi-comédie d’entreprise, au cœur d’un espace unique : le bureau. Un lieu clos, hors du monde, où le travail devient une fin en soi et où le temps se dissout dans l’attente et l’obéissance. La scénographie n’est pas un décor, mais un dispositif qui matérialise l’aliénation des corps et des esprits.
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L’injonction : Une parole venue d’en haut ordonne de faire, sans objectif ni sens. La peur de mal faire, de ralentir la chaîne, d’être remplacé, organise l’existence. L’espace de jeu est délimité par huit néons blancs, dessinant un cube impersonnel, encerclé par l’obscurité. La lumière blanche, clinique et violente, devient l’expression visuelle de la pression exercée par le système.
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La confrontation : L’arrivée du collègue introduit la mise en concurrence. Un espoir de reconnaissance pour l’un, une menace pour l’autre. Le choix du quadrifrontal place le public comme limite physique de l’espace : les personnages sont enfermés par les regards, sans possibilité de fuite. La proximité transforme le spectateur en témoin actif de cette violence ordinaire.
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L’épuisement : Les corps s’usent, les désirs se brouillent, la folie affleure. Le mobilier, réduit à deux bureaux et deux chaises identiques, accentue l’interchangeabilité des individus. Les piles de feuilles vierges et le bureau vide incarnent un travail vidé de toute finalité.
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L’enfermement : Coincé interroge un monde où le bonheur est conditionné par la reconnaissance sociale, où l’anonymat équivaut à une mort symbolique. Une composition sonore faite de fréquences basses et hautes, parfois à peine perceptibles, traverse les corps et installe un malaise diffus. Passé la porte du bureau, il n’y a plus de dehors — seulement le néant.
La pièce est adaptable à tous les dispositifs scéniques: en frontal, trifrontal, bifrontal, quadrifrontal.
“ Tassé : Dans ma chambre, sonné par l’ennui, j’ai désiré ce travail. Faire quelque chose de ma vie. Me sentir utile. Et maintenant que je suis là, je me rends compte que ce que je voulais vraiment, c’était la sécurité de ma chambre. Je veux l’immobilité et je veux le mouvement. Mais si je prends le mouvement, il n’y a plus d’immobilité possible. Si je choisis l’immobilité, je stoppe le mouvement. C’est infernal ! C’est ne pas une vie que des choix pareils.”
Traitant sur un ton résolument absurde des relations toxiques de deux subalternes incapables de communiquer, Coincé parle du mal être d'individus écrasés par un système qui privilégie l'expansion d'une entreprise plutôt que le bien-être de ses employés.
CALENDRIER
Saison 2025-2026
25 avril 2026 - Festival de Part et d’autre - Maison pour Tous Albert Camus - Montpellier
2024-2025: Résidence de création
26 décembre au 30 décembre - MJC André Malraux - Castelnau-le-Lez
2022: Lecture Publique
7 Octobre - La Barak - Montpellier
L'ÉQUIPE ARTISTIQUE
Écriture, mes et création sonore: JonCha
Distribution: Matthieu Vergnolle et Cédric Vieira
Création lumière. Yann Ledoux
DURÉE - 1H15 (à partir de 14 ans)
PRODUCTION - Le Collectif Yolerance
ACCOMPAGNEMENT EN CRÉATION - Dispositif “Le Rameau”, Castelneau-le-Lez.
SOUTIEN - Cours Florent Montpellier
REGARDS - Victoria Mackay
